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Après avoir porté son
taux de décaissement de 25,1 % à 29,13 % en un an, la Côte d’Ivoire entend
franchir un nouveau palier. Pour l’exercice 2026-2027, le Ministre de
l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, fixe un objectif
minimal de 32 %, avec l’ambition d’atteindre 40 %.
L’annonce a été faite le Ministre
Adama Coulibaly à l’occasion de la Réunion de rentrée fiscale 2026-2027 du
portefeuille des projets financés ou cofinancés par la Banque mondiale, tenue
le jeudi 17 septembre 2026 au 20e étage de l’immeuble Sciam, à Abidjan-Plateau.
Le message est clair : la
Côte d’Ivoire veut accélérer la cadence des décaissements et faire des
financements mobilisés, des réalisations visibles et concrètes sur le terrain.
Plus précisément, après
un taux de décaissement de 29,13 % au terme de l’exercice 2025-2026, la Côte
d’Ivoire vise désormais au moins 32 % au 30 juin 2027, soit environ 470
milliards FCFA, avec la possibilité d’aller jusqu’à 40 %.
De 25,1 % à 29,13 % : une dynamique à amplifier
À la clôture de
l’exercice 2025-2026, le portefeuille comptait 25 opérations actives, couvrant
des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, le développement
urbain, l’agriculture, le capital humain, l’environnement, l’eau et
l’assainissement, le numérique, l’emploi et l’énergie.
En l’espace d’une année,
le taux de décaissement est ainsi passé de 25,1 % à 29,13 %, représentant plus
de 500 milliards FCFA injectés dans l’économie.
Au 1er juillet 2026, le
portefeuille affichait encore un solde disponible à décaisser de 1 469,7
milliards de FCFA. Un volume de ressources qui renforce l’enjeu de célérité et
d’efficacité dans l’exécution des projets.
Pour le ministre Adama
Coulibaly, le nouvel exercice doit donc être celui de l’accélération.
« L’objectif minimal de
décaissement pour l’année 2026-2027 est de 32 %, soit 470 milliards FCFA », a-t-il indiqué, tout en
précisant que cette cible constituait un minimum et que les acteurs devaient
pouvoir aller jusqu’à 40 %.
Trois priorités pour
changer d’échelle
Pour atteindre cette
nouvelle performance, le Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget a
identifié trois principaux points de vigilance : la concentration de plus de la
moitié des ressources sur six opérations stratégiques, la montée en puissance
des nouvelles opérations et l’identification précoce des projets rencontrant
des difficultés.
Le dispositif de pilotage
sera également renforcé avec le maintien d’un suivi stratégique trimestriel,
élargi aux ministères sectoriels ainsi qu’aux différents acteurs de la chaîne
de la dépense.
Le Ministre Adama
Coulibaly a, par ailleurs, annoncé une attention particulière portée à
l’évaluation des contrats de performance des coordonnateurs de projets, à
l’issue de l’année civile.
Une exigence qui résume
l’esprit du nouveau cap fixé par le Gouvernement : mieux mobiliser les
ressources, accélérer leur utilisation et surtout produire davantage de
résultats.
« Chaque point de décaissement gagné est un chantier qui avance »
Le Ministre de
l’Economie, des Finances et du Budget a donné le ton en rappelant que la
performance financière devait se traduire par un impact réel pour les
populations.
« Chaque point de
décaissement gagné est un chantier qui avance. Chaque point perdu est une
attente qui se prolonge »,
a-t-il souligné, appelant les responsables de projets à transformer les
ressources disponibles en réalisations concrètes.
Cette exigence de
résultats intervient alors que les 25 opérations du portefeuille représentent
environ 2 700 milliards FCFA de ressources, mises en œuvre par 16 ministères
techniques.
Lever les blocages pour
accélérer
Konan Kouassi Clovis,
coordonnateur de l’Unité de coordination des projets de la Banque mondiale, a
relevé plusieurs facteurs ayant affecté le rythme des décaissements au cours de
l’exercice écoulé.
Il s’agit notamment de
certaines insuffisances opérationnelles, des lenteurs dans la passation des
marchés, des changements techniques intervenus sur certains ouvrages ainsi que
des difficultés liées aux plans de réinstallation.
Plusieurs projets ont
ainsi été ciblés pour faire l’objet d’un rattrapage au cours du nouvel
exercice, avec l’objectif de réduire les goulots d’étranglement et d’améliorer
significativement le rythme d’exécution.
La Banque mondiale salue les progrès et accompagne l’accélération
Pour Marie-Chantal
Uwanyligira, Directrice de division à la Banque mondiale, les résultats
enregistrés au titre de l’exercice 2025-2026 se situent au-dessus des
projections initiales de l’institution.
La Banque mondiale entend
poursuivre cette dynamique, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la
protection sociale, tout en préparant une nouvelle stratégie de partenariat
avec la Côte d’Ivoire. Celle-ci devrait être présentée au Conseil d’administration
de l’institution avant mai 2027.
Un nouveau défi : passer
de la mobilisation à l’impact
Avec ce nouvel objectif
de 32 %, pouvant aller jusqu’à 40 %, la Côte d’Ivoire ouvre une nouvelle séquence
dans la gestion de son portefeuille de projets avec la Banque mondiale.
Au-delà des indicateurs
financiers, l’enjeu est désormais de réduire les délais, lever les obstacles à
l’exécution et accélérer la concrétisation des investissements.
Le cap fixé par le
Ministre Adama Coulibaly est donc sans ambiguïté : chaque ressource mobilisée
doit contribuer à faire avancer un projet, chaque projet doit produire des
résultats et chaque résultat doit se traduire par un impact tangible pour les
populations.