LE MINISTRE ADAMA COULIBALY PRÉCONISE DES SOLUTIONS INNOVANTES ARTICULÉES AUTOUR DE 4 AXES POUR FINANCER L’INDUSTRIALISATION DE L’AFRIQUE
La Côte d'Ivoire abrite durant quatre jours la Session conjointe du 9e Comité technique spécialisé (CTS) sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l'Intégration, et du 5e CTS sur le Commerce, le Tourisme, l'Industrie et les Ressources minérales de l'Union africaine (UA). La cérémonie d'ouverture de la session ministérielle a été présidée, le jeudi 23 juillet 2026 à Abidjan, par le Ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé. C’était en présence notamment de plusieurs membres du Gouvernement, de ministres africains, de hauts représentants de banques africaines, de partenaires techniques et financiers et de nombreuses délégations des Etats membres de l'UA.
Dans son allocution d’ouverture, le Ministre Adama Coulibaly a appelé les pays africains à faire du financement de l'industrialisation un levier majeur de transformation économique durable.
Face à un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, le renchérissement du coût du capital et les perturbations des chaînes d'approvisionnement, il a invité les Etats à privilégier des solutions innovantes fondées sur une meilleure mobilisation des ressources intérieures, le développement des marchés financiers, les partenariats public-privé et l'épargne de long terme. « L' Afrique devra combler, chaque année et d'ici à 2030, un déficit de financement d'environ 400 milliards de dollars pour accélérer sa transformation structurelle », a-t-il indiqué. Revenant sur l'expérience ivoirienne, il a souligné que le pays a enregistré une croissance estimée à 6,6 % en 2025 et projetée à 6,2 % en 2026, tout en ramenant son déficit budgétaire à 3 % du PIB. « Notre ambition, consacrée par le PND 2026-2030, prévoit un volume global d'investissements de 114 838,5 milliards de FCFA, dont 70,2 % attendus du secteur privé », a-t-il précisé.

Le Ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, Kalil Konaté, a, pour sa part, insisté sur l'urgence pour le continent de transformer son modèle économique afin de créer davantage de valeur ajoutée. Selon lui, les mutations géopolitiques, la transition énergétique, la révolution numérique et l'intelligence artificielle imposent à l'Afrique de s'engager résolument sur la voie de l'industrialisation. « L'Afrique n'a plus d'autre choix que de s'engager sur la voie de l'industrialisation », a-t-il estimé, avant d'ajouter que cette ambition ne pourra se concrétiser sans un mécanisme de financement adapté et de long terme.
Le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), Claver Gatete, a, quant à lui, rappelé que les crises successives ont démontré la vulnérabilité des économies peu industrialisées. « Les économies qui ne produisent pas sont celles qui demeurent les plus vulnérables », a-t-il prévenu. Il a alors plaidé pour une mobilisation accrue des ressources intérieures, une meilleure coordination des politiques publiques et des investissements orientés vers les secteurs productifs.
Intervenant au nom de la Banque africaine de développement (BAD), la vice-présidente principale, Marie-Laure Akin-Olugbade, a relevé que l'industrialisation demeure le principal moteur de création d'emplois, de productivité et de résilience économique.
De son côté, l'ambassadrice Marie-Antoinette Rose Quatre, Directrice générale du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP/APRM), a souligné l'importance de renforcer la gouvernance économique et la souveraineté financière du continent. Elle a annoncé que l'Agence africaine de notation de crédit (AFRA) sera officiellement lancée le 06 octobre 2026 à Port-Louis, à Maurice, avec pour ambition de contribuer à une meilleure appréciation du risque africain et à la réduction du coût du financement des économies du continent.
Enfin, la présidente continentale de l'Association des Femmes Africaines de la Transformation, Mamadou Arzika Rabiatou, a plaidé pour une plus grande implication des femmes dans la transformation industrielle. Elle a notamment proposé la création d'un centre africain de recherche dédié aux femmes, l'amélioration de leur accès au financement, l'accélération de la transformation numérique des entreprises féminines ainsi que la mise en place d'un mécanisme continental de suivi des engagements des Etats en faveur des femmes transformatrices.