Le Comité de Concertation État–Secteur Privé (CCESP), avec la coopération de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) à travers un appui du Ministère de la Coopération Economique et du Développement de la République Fédérale d’Allemagne (BMZ), a ouvert le lundi 09 février 2026 à Abidjan, un atelier de concertation et de validation du Guide pratique des Associations et Organisations Professionnelles (AOP). Prévu pour se tenir jusqu’au mercredi 11 février, cet atelier réunit les principales parties prenantes du dialogue public-privé en Côte d’Ivoire autour d’un outil appelé à devenir une référence nationale pour la création, l’organisation et le fonctionnement des AOP.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par des interventions fortes, traduisant la volonté commune de l’État ivoirien et de ses partenaires techniques et financiers de renforcer durablement la structuration du secteur privé, pilier essentiel de la transformation économique du pays.
Un outil stratégique dans le contexte du PND 2026-2030
L’atelier intervient dans un contexte particulièrement symbolique, quelques jours seulement après l’adoption en Conseil des ministres du Plan National de Développement (PND) 2026-2030. Représentant le Secrétaire Exécutif du CCESP, Mme Mariam Fadiga Fofana, M. Ismaël Coulibaly, Conseiller Technique au CCESP, a rappelé qu’ à travers ce nouveau référentiel stratégique, le Gouvernement ivoirien ambitionne de « bâtir une Grande Nation stable, ambitieuse et solidaire », avec une croissance moyenne projetée de 7,2 % et un volume d’investissements estimé à 114 838,5 milliards de FCFA, dont plus de 70 % portés par le secteur privé.
Dans cette perspective, a-t-il souligné, le Dialogue Public-Privé ne peut plus se limiter à un cadre consultatif. Il doit évoluer vers un dialogue stratégique, orienté vers l’impact, capable de mobiliser efficacement les forces productives nationales. Une évolution d’ailleurs recommandée par l’étude de capitalisation du Dialogue Public-Privé réalisée en 2025 par la Cellule d’Analyse des Politiques Économiques du CIRES.
Les AOP, maillons essentiels du partenariat État–secteur privé
Au cœur de cette dynamique, les Associations et Organisations Professionnelles sont appelées à jouer un rôle déterminant. Chambres consulaires, fédérations, confédérations, syndicats et associations sectorielles constituent en effet des interlocuteurs privilégiés de l’État, des relais de plaidoyer et des catalyseurs de services au profit des entreprises, notamment des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).
Cependant, comme l’ont relevé les différents intervenants, nombre de ces organisations demeurent confrontées à des défis structurels : gouvernance interne perfectible, capacités organisationnelles limitées, difficultés de mobilisation des ressources financières, ou encore manque d’outils opérationnels adaptés.
C’est pour répondre à ces enjeux que le CCESP, avec l’appui de la GIZ a engagé depuis 2025 un processus structuré en plusieurs étapes : inventaire national des AOP, diagnostics organisationnels dans plusieurs villes du pays (Abidjan, Bouaké, San Pedro et Korhogo), et conception d’un programme d’accompagnement intégrant plaidoyer, renforcement de capacités et mise à disposition d’outils de gestion, dont le Guide pratique des AOP.
La GIZ , un partenaire engagé pour des réformes durables
Prenant la parole au nom de Mme Milica Vukadinovic, Directrice du cluster Économie résiliente de la GIZ et cheffe du projet ProREI, Mme Reine Dagbo Quilliard, sa représentante , a réaffirmé l’engagement de la coopération allemande en faveur de la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.
Financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la GIZ sous la tutelle du Ministère du Commerce et de l’Industrie, le projet ProREI vise à améliorer les conditions institutionnelles et humaines nécessaires à la mise en œuvre des réformes économiques. L’élaboration du Guide pratique des AOP s’inscrit pleinement dans cette ambition, en dotant les organisations professionnelles d’un document accessible, structuré et opérationnel, conçu pour soutenir leur professionnalisation.
Trois jours pour enrichir et valider un document de référence
Pendant trois jours, les participants que sont les représentants des administrations publiques, faîtières, organisations professionnelles, structures d’appui et experts, travailleront en plénière et en commissions thématiques afin de présenter, analyser, enrichir et valider le projet de Guide élaboré avec l’assistance technique de Dorsch Impact.
Le document vise notamment à clarifier les procédures de création et de déclaration des Associations et Organisations Professionnelles, conformément aux textes législatifs et réglementaires en vigueur.
Il ambitionne également d’améliorer l’organisation interne et le fonctionnement des AOP, dans le respect des principes de bonne gouvernance, de transparence et de conformité.
Enfin, le Guide entend renforcer la capacité des AOP à assurer pleinement leur rôle de représentation et de plaidoyer, ainsi qu’à contribuer de manière plus productive et structurée au dialogue public-privé.
A l’issue de l’atelier, il est attendu la validation officielle d’une version finale consensuelle, ainsi qu’une appropriation renforcée du Guide par l’ensemble des parties prenantes.
Un levier pour un secteur privé plus organisé et résilient
Véritable outil de professionnalisation, le Guide pratique des Associations et Organisations Professionnelles ambitionne de devenir le manuel de référence pour le secteur privé ivoirien. À travers lui, le CCESP entend contribuer durablement à l’amélioration de l’environnement des affaires, au renforcement du dialogue public-privé et à l’émergence d’un secteur privé plus compétitif, structuré et résilient, capable d’accompagner efficacement la mise en œuvre du PND 2026-2030.
Convaincus de la qualité des expertises réunies, les organisateurs se disent confiants quant à l’issue des travaux, appelés à jeter les bases d’une nouvelle étape dans la consolidation du partenariat entre l’État ivoirien et son secteur privé.