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INCLUSION FINANCIÈRE DANS L’AGRO-INDUSTRIE : SOUS L’ÉGIDE DU CCESP, ACTEURS PUBLICS ET PRIVÉS DÉFINISSENT UNE FEUILLE DE ROUTE POUR IMPULSER DES RÉFORMES


Pendant deux jours, les 02 et 03 septembre 2026 à Noom Hôtel-Abidjan, Ministères, Administrations Publiques, BCEAO, banques commerciales, opérateurs de mobile money, opérateurs réseaux et télécoms, entreprises de l'agro-industrie et faîtières patronales se sont assis à la même table. Le verdict est sans appel : dans le « Bas-Cavally » et dans les autres zones agroforestières du pays, des entreprises qui pèsent des milliards de FCFA d'exportations fonctionnent encore sans banque à proximité, sans réseau téléphonique fiable, sans routes praticables, et sous la menace de redressements fiscaux pour des paiements en espèces qu'aucune alternative bancaire ne leur permet d'éviter.

En organisant cette interaction inédite entre logique de terrain et logique administrative, le Secrétariat Exécutif du Comité de Concertation État-Secteur Privé (SE-CCESP) vise à lever les contraintes matérielles, bancaires, technologiques et sécuritaires qui pèsent sur les acteurs économiques de l’agro-industrie des zones forestières enclavées (notamment le Bas-Cavally).

Un paradoxe qui coûte cher à l'économie nationale

L'axe San-Pedro – Grand-Béréby – Neka – Grabo, qui remonte jusqu'à Man, révèle des difficultés récurrentes que rencontrent les acteurs de l'agro-industrie ivoirienne. Des entreprises de premier plan comme PALM CI et la SAPH y produisent, transforment et exportent. Mais leurs planteurs et leurs équipes évoluent sans couverture bancaire et numérique véritable. Résultat : une dépendance persistante au cash, dans un pays où la réglementation plafonne pourtant les paiements en espèces à 250 000 FCFA. Chaque transaction hors des clous expose les opérateurs à un risque fiscal, alors même que ce sont des facteurs exogènes (bancaires, télécoms, routières et sécuritaires) qui les y contraignent.

À cela s'ajoute une réalité que les débats ont mise en lumière : sur l'axe Tabou-Grabo comme sur les plus de 200 kilomètres de pistes dégradées vers Borotou, des usines à la peine, des récoltes pourrissent sur place, et l'évacuation de la production devient un pari. Ce n'est plus un problème sectoriel isolé, c'est un verrou systémique qui étrangle simultanément la production, la fiscalité, la sécurité et la bancarisation.



Représentant le Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, le Conseiller Technique, M. Dely Soumahoro, a fait remarquer que les piliers 2 et 3 du PND 2026-2030 « prévoient entre autres la modernisation de l’agriculture, l’accroissement de la productivité et le renforcement des chaînes de valeur agricoles avec un appui accompagnement sur la réduction de l’informalité. (…) Pour relever ces défis, notre pays doit à tous les niveaux s’appuyer sur une économie structurée, moderne et compétitive dans tous les secteurs d’activité. (…) C’est pourquoi, la sécurité et la traçabilité des activités économiques objets du présent atelier, se présentent comme de véritables défis surtout pour les zones de fortes productions tant agricoles que minières. (…) Car, notre pays la Côte d’Ivoire présente un tableau de plus en plus impressionnant de par la qualité de ses potentialités économiques ».

De la doléance isolée au traitement systémique

C'est précisément là que réside la pertinence de l'approche portée par le Secrétariat Exécutif du CCESP. Plutôt que de traiter la banque, la route, la fiscalité et la sécurité comme des dossiers séparés, le Secrétariat Exécutif du CCESP a choisi de réunir, en une seule enceinte et en présence du secteur privé, l'intégralité des maillons de la chaîne : le Ministère de l'Économie, des Finances et du Budget, le Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, Le Ministère de la Transition Numérique et de l’Innovation technologique, le Ministère des Infrastructures et de l'Entretien Routier, le Ministère de l'Intérieur et la Sécurité, le Ministère de la Défense, le Ministère de l'Agriculture. Ceci, aux côtés de la BCEAO, de l'ANSUT, de l'ARTCI, de la DGI, des banques (BNI, BICICI, NSIA, AFG Bank, SIB, Orange Bank), des opérateurs de mobile money (MTN Money, Orange Money, Moov Money, Wave) et des agro-industriels eux-mêmes.

C'est ce dispositif d'ensemble qui a permis de sortir des postures classiques afin de trouver des réponses concrètes à cette problématique qui s’inscrit dans le Pilier 2 du Plan National de Développement 2026-2030 dédié à la transformation locale des matières premières agricoles,

« Cet exercice recommande donc la contribution et surtout l’implication de tous les acteurs de l’écosystème tant au niveau de l’Etat que du secteur privé pour des réponses durables afin d’améliorer la compétitivité des entreprises qui opèrent dans ces régions et pour le bonheur des populations qui y vivent », a déclaré Madame Mariam Fadiga Fofana, Secrétaire Exécutif du CCESP.



Ainsi, les Administrations n'ont pas simplement écouté les doléances, elles ont formulé des propositions fortes. Tandis que, par exemple, les banques et opérateurs télécoms ont mis des solutions concrètes sur la table.

Comme l’a souligné, le Conseiller Technique, M. Manlan Michel, représentant le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, « une entreprise située dans une zone rurale ou dans toute autre zone éloignée doit pouvoir, demain, effectuer une transaction de manière sécurisée, recevoir un paiement digital, accéder à des services financiers et développer sa clientèle avec la même ambition qu’une entreprise installée à Abidjan. C’est l’un des facteurs qui favorisera l’implantation des entreprises agro-industrielles dans les zones de production agricole ».

Le CCESP, de la concertation à la réforme

Le compte-rendu des travaux ne se limite donc pas à un constat. Il débouche sur une feuille de route claire, déclinée en cinq (05) grands chantiers : Finance et bancarisation ; couverture numérique ; infrastructures routières ; fiscalité et investissement ; sécurité.



Et c’est précisément là que se révèle la mission et la valeur ajoutée du Secrétariat Exécutif du CCESP dans le cadre du Dialogue Public-Privé : écouter les opérateurs économiques, faire dialoguer les acteurs, consolider les préoccupations du secteur privé, les transformer en propositions structurées, les porter auprès des autorités compétentes et surtout assurer le suivi de leur mise en œuvre.

À ce titre, la mise en place, par le Secrétariat Exécutif du CCESP, d’un mécanisme interinstitutionnel de suivi des recommandations associant les principales parties prenantes, constitue l’une des résolutions fortes de l’atelier. L’objectif est clair : passer de recommandations ponctuelles à un véritable mécanisme de pilotage, avec des responsabilités, des échéances et des indicateurs de suivi.

À travers cette approche, le CCESP confirme ainsi sa vocation d’instance de référence du Dialogue Public-Privé en Côte d’Ivoire, capable de partir des réalités vécues par les opérateurs économiques pour faire émerger des réponses adaptées et impulser des réformes pertinentes.



L’enjeu dépasse donc la seule inclusion financière. Il s’agit de créer les conditions permettant aux entreprises agro-industrielles de produire, investir, commercer et se développer plus facilement dans les zones forestières.

L'atelier sur l'inclusion financière des entreprises de l'agro-industrie permet ainsi de démontrer que le Dialogue Public-Privé, lorsqu'il est piloté avec méthode, ne se contente pas de constater les blocages : il les lève.

Auteur

C.C.E.S.P

Le Secteur Privé constitue dans toutes les économies modernes, le véritable moteur de la croissance. Conscient de cette réalité, le Gouvernement ivoirien a fait de la promotion du Secteur Privé un des axes stratégiques de sa politique de développement économique.