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Le
Guide des Associations et Organisations Professionnelles (AOP) du secteur privé,
ainsi que les résultats d’une étude diagnostique menée auprès de cinq AOP
bénéficiaires, ont été présentés à des responsables d’organisations
professionnelles et à des représentants de l’Administration Publique, lors d’un
atelier de restitution organisé par le Secrétariat Exécutif du Comité de
Concertation Etat/Secteur Privé (CCESP), le jeudi 21 mai 2026 à l’hôtel
Yatchenin à Abidjan.
A
cette occasion, Sylvain Konan, expert en développement organisationnel, a
exposé les grandes lignes du Guide des AOP, en mettant l’accent sur les
standards de gestion et de gouvernance applicables aux associations et
organisations professionnelles.
Une
gouvernance encore fragile au sein des AOP
Le
diagnostic présenté révèle plusieurs fragilités en matière de gouvernance,
notamment un manque de structuration au sein de certaines associations. « La
plupart de ces organisations méconnaissent leurs obligations légales et font
également face à des problèmes de représentativité », a souligné Sylvain
Konan.
Selon
lui, deux principaux textes juridiques ont servi de base à l’élaboration de ce
guide : l’ordonnance n°2024-368 du 12 juin 2024 relative aux organisations de
la société civile et l’ordonnance n°2023-875 du 23 novembre 2023 relative à la
lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
L’expert
a expliqué que ce guide vise notamment à simplifier les démarches
administratives de création et de déclaration des organisations, à améliorer
leur gestion quotidienne, à accompagner les dirigeants dans l’exercice de leurs
responsabilités légales, mais aussi à renforcer leurs performances en matière
de gouvernance, de communication et de stratégie.
«
Le guide comprend 12 chapitres et 12 annexes opérationnelles, entièrement
fondés sur des textes juridiques », a-t-il précisé.
Il
a également indiqué que l’ossature d’une AOP repose sur cinq organes essentiels
: l’Assemblée générale, le Conseil d’administration ou Bureau exécutif, la
Direction exécutive, le Commissariat aux comptes et les délégations régionales.
Abordant
la question du plaidoyer, il a insisté sur la nécessité pour les AOP de
travailler en réseau. « Une AOP ne peut avancer seule. Elle doit nouer des
alliances avec d’autres organisations du même secteur et participer aux cadres
paritaires sectoriels. La bonne gouvernance et la conformité aux textes sont
indispensables », a-t-il ajouté.
Une
étude diagnostique pour renforcer le Dialogue Public-Privé
Prenant
la parole à son tour, le consultant Marc Gnaoré a présenté les conclusions de
l’étude diagnostique portant sur cinq AOP basées à Abidjan et à San Pedro. Il
s’agit notamment de l’Association des jeunes entrepreneurs de Côte d’Ivoire, de
la Confédération des professionnels de l’artisanat et du textile, de
l’Association des restauratrices unies de San Pedro et de la Fédération des
jeunes entrepreneurs de San Pedro.
Cette
étude a permis d’identifier la nécessité d’élaborer une feuille de route spécifique
pour chaque organisation afin de renforcer leur contribution à l’amélioration
du climat des affaires en Côte d’Ivoire, en cohérence avec le PND 2026-2030.
«
L’objectif final de cette mission était de réaliser un diagnostic
institutionnel et fonctionnel des AOP afin de renforcer leur rôle dans le Dialogue
Public-Privé », a indiqué Marc Gnahoré, rappelant que ces
organisations constituent également d’importants pourvoyeurs d’emplois.
Le
consultant a également souligné que les recommandations formulées devront être
adaptées aux réalités propres à chaque organisation. « Là où il existe des
acquis, il faut les consolider ; ce qui doit être renforcé doit l’être, et les
chantiers prioritaires doivent être engagés », a-t-il recommandé.
Le
CCESP réaffirme son engagement aux côtés des AOP
Représentant
Mme Mariam Fadiga Fofana, Secrétaire Exécutif du CCESP, Le Conseilleur
Technique, Serges Séké a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans le cadre du
projet de renforcement du Dialogue Public-Privé (DPP) pour la mise en œuvre des
réformes économiques et des investissements (ProREI).
Cet
atelier bénéficie de l’appui financier du projet ProREI, financé par le Ministère
Allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et le soutien
de la GIZ. « Nous remercions l’ensemble de ces partenaires pour leur
engagement constant aux côtés de nos institutions en faveur de l’amélioration
de l’environnement des affaires et du renforcement du dialogue entre les
acteurs publics et privés », a déclaré M. Séké.
Il
a également réaffirmé l’engagement du CCESP à poursuivre un véritable travail
de structuration et de plaidoyer avec les AOP et l’Administration Publique,
notamment sur des questions telles que la préférence nationale et les réformes
consensuelles susceptibles d’avoir un impact significatif sur l’activité
économique.
L’un
des temps forts de cette rencontre a été la séance d’échanges entre les
participants et les représentants de l’Administration Publique. Les discussions
ont porté sur plusieurs défis majeurs auxquels sont confrontées les AOP,
notamment l’accès au financement, les difficultés d’écoulement des produits, le
déficit de formation, le désintérêt des jeunes pour certains secteurs comme l’aquaculture,
ainsi que le manque de visibilité de certaines organisations.
Cet
atelier s’inscrivait dans la vision du gouvernement ivoirien visant à améliorer
durablement le climat des affaires à travers les différents Plans nationaux de
développement. L’ambition affichée est de bâtir un secteur privé mieux
structuré, plus compétitif et pleinement impliqué dans les réformes économiques
du pays.