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Le Comité de Concertation
État–Secteur Privé (CCESP), à travers son Secrétariat Exécutif, a organisé, en
collaboration avec l’Autorité de Régulation du Système de Récépissés
d’Entreposage (ARRE), le jeudi 16 avril 2026 au Noom Hôtel Abidjan Plateau, une
tribune d’échanges dénommée « Zoom Sur ». Pour sa 4ème édition, cette
rencontre a porté sur le thème : « Le Système de Récépissés d’Entreposage : un
levier pour le financement de l’agriculture en Côte d’Ivoire ».
Une délégation sénégalaise conduite
par M. Issa Wade, Directeur général de l’Organe de Régulation du Système de
Récépissés d’Entrepôt (ORSRE), a également pris part à cette cérémonie.
Puissance agricole majeure en
Afrique, la Côte d’Ivoire tire environ 26 % de son produit intérieur brut (PIB)
du secteur agricole, qui mobilise près de 60 % de la population active et
génère 40 % des recettes d’exportation. Malgré ce poids stratégique, le secteur
reste confronté à des défis structurels persistants : accès limité au
financement, insuffisance des infrastructures de stockage, volatilité des
revenus des producteurs et forte pauvreté en milieu rural.
L’objectif de cette initiative était
d’informer les acteurs du monde agricole sur le fonctionnement et les
opportunités du Système de Récépissés d’Entreposage (SRE), tout en favorisant
son appropriation par les différentes parties prenantes, notamment les
organisations professionnelles agricoles, les banques et les institutions
financières.
Un instrument structurant pour
améliorer l’accès au financement agricole
Le Colonel-Major Sangaré Souleymane,
Conseiller Technique représentant le Ministre de l’Économie, des Finances et du
Budget, a qualifié le SRE de « réforme majeure et structurante », à fort
impact économique et social. Selon lui, ce mécanisme ouvre la voie à une
agriculture mieux financée, plus résiliente et plus compétitive.
« Ensemble, faisons du SRE un
instrument puissant au service de la transformation de notre agriculture et de
la prospérité de nos producteurs »,
a-t-il exhorté. Tout en réaffirmant l’engagement du ministère à accompagner
cette dynamique à travers les instruments de financement de l’État.
Représentant le Ministre de
l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, le Pr Datté
Jacques, Directeur Général de la Promotion des Agro-industries, a souligné que
le SRE constitue une avancée majeure, notamment en tant que socle opérationnel
de la Bourse des Matières Premières Agricoles de Côte d’Ivoire (BMPA).
« Il permet aux producteurs de
stocker leurs récoltes dans des conditions sécurisées, d’obtenir un récépissé
juridiquement reconnu et de l’utiliser comme garantie auprès des institutions
financières »,
a-t-il expliqué.
Dans la même veine, M. Manlan
Michel, Conseiller Technique représentant le Ministre du Commerce, de
l’Industrie et de l’Artisanat, a insisté sur le rôle du SRE dans la
facilitation de l’accès aux crédits à court terme pour les acteurs agricoles et
agro-industriels.
Raison pour laquelle, a-t-il indiqué,
la portant Réglementation du SRE a été adopté « suite à un processus
participatif et inclusif des principaux acteurs comprenant, entre autres, les
services de l’Administration Publique, l’Association Professionnelle des
Banques et Etablissements financiers (APBEF) et celle des Assureurs de Côte
d’Ivoire (ASACI), les sociétés exerçant des activités dans les domaines de
l’entreposage, du contrôle de qualité des marchandises et de l’inspection des
entrepôts ».
Toutefois, plusieurs défis restent encore
à relever a-t-il déclaré, notamment le développement des infrastructures de
stockage dans les zones de production, l’adhésion accrue du secteur bancaire et
le financement effectif des détenteurs de récépissés d’entreposage à travers le
nantissement des stocks.
Au cours de son intervention, le représentant du Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, n’a pas manqué d’adresser ses remerciements à l’endroit des Partenaires Techniques et Financiers et « particulièrement à la Société Financière Internationale (IFC) pour tous les efforts déployés auprès du Gouvernement ivoirien en vue de la mise en place et de l’opérationnalisation du Système de Récépissés d’Entreposage en Côte d’Ivoire ».
Un levier de transformation des
chaînes de valeur agricoles
Le Directeur Général de l’ARRE, le
Pr Koffi Justin N’Goran, a détaillé le fonctionnement du SRE et ses
opportunités pour le financement de l’agriculture et de l’agro-industrie. Il a
indiqué que ce dispositif moderne permet aux producteurs et aux opérateurs
économiques de sécuriser leurs stocks dans des entrepôts agréés, d’accéder à
des financements en utilisant leurs produits comme garanties, et d’optimiser
leurs revenus en vendant au moment opportun.
Depuis sa mise en œuvre, 982
récépissés d’entreposage ont été émis, couvrant un volume global d’environ 26
404 tonnes de marchandises. Ces volumes se répartissent notamment entre la noix
brute de cajou (25 892 tonnes pour 630 récépissés), les amandes de cajou (341
tonnes pour 301 récépissés), le maïs (160 tonnes pour 40 récépissés) et la noix
de cola fraîche (11 tonnes pour 11 récépissés).
Pour le Pr Koffi Justin N’Goran, le
SRE constitue un véritable levier de transformation agricole, favorisant la
fluidité des échanges, la professionnalisation des acteurs et le développement
de chaînes de valeur performantes. Il s’est également réjoui de l’adoption du
Fonds Souverain Stratégique pour le Développement de la Côte d’Ivoire (FSD-CI)
qu’il considère comme un appui déterminant.
Le Directeur Général de l’ARRE a par
ailleurs invité, d’une part, les producteurs à s’approprier cet outil moderne
que constitue le SRE, et d’autre part, les Institutions Financières à en
exploiter le potentiel. Enfin, il a appelé les Partenaires Techniques et Financiers
à soutenir le développement du SRE.
« Ensemble, nous pouvons faire
du SRE un puissant moteur de transformation de notre agriculture et de notre
économie. (…) Je reste donc convaincu qu’au sortir de cette table ronde, nous
nous emploierons tous, autant que nous sommes, à mettre en œuvre, les mécanismes
de financement par récépissés d’entreposage, dans toutes les filières agricoles
afin de véritablement transformer les zones rurales de productions de ces
marchandises en zones de prospérité conformément à la vision de SEM. Le
Président de la République, Alassane OUATTARA », a-t-il conclu.
Pour sa part, la Secrétaire Exécutive
du CCESP, Mme Mariam Fadiga Fofana, a souligné l’importance de cette réforme
ayant conduit à la mise du SRE destiné à faciliter, à terme, la transformation
des matières premières agricoles et garantir un approvisionnement continu en
produits agricoles pour les industriels.
« C’est donc, pour contribuer
et permettre une pleine appropriation de ce mécanisme inédit dans la
facilitation des affaires en Côte d’Ivoire et au sein de la Sous-Région, que le
Secrétariat Exécutif du Comité de Concertation Etat-Secteur Privé a décidé de
faire un focus sur cette réforme importante pour le monde agricole en général
et pour les filières d’exportation en particulier », a-t-elle déclaré.
Mme Mariam Fadiga Fofana a également
tenu exprimé sa gratitude aux Ministères impliqués dans l’organisation de ce « Zoom
Sur » le SRE, ainsi qu’aux faitières et organisations professionnelles et
aux acteurs du SRE pour leur forte mobilisation.
Des mini panels thématiques au
programme
Quatre mini panels thématiques ont, en
outre, meublé l’évènement avec la participation respectives des faitières
agricoles (cacao, anacarde, maïs, cola), des acteurs du SRE (gestionnaires
d’entrepôts, contrôleurs qualité), des banques et institutions financières, sans
oublier de la Bourse des matières premières agricoles (BMPA), ainsi que d’autres
intervenants du marché boursier (courtiers en Produits Agricoles / Banque de
Règlement Agricole).
Pour rappel, le Système de Récépissés
d’Entreposage a été mis en place par l’État de Côte d’Ivoire et encadré par la
loi n°2015-538 du 20 juillet 2015. Lancé officiellement le 22 février 2018, il
vise à faciliter la transformation des produits agricoles, garantir un
approvisionnement régulier des industries et apporter une réponse structurante
au financement des chaînes de valeur agricoles.