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Normes, technologies,
qualité, accompagnement : à Bouaké, le Dialogue Public-Privé se traduit en
solutions concrètes pour celles qui font vivre l’attiéké ivoirien.
Longtemps cantonné à son rôle de culture vivrière, il entend désormais s’imposer par sa qualité, sa valeur ajoutée et sa compétitivité. Tel est l’enjeu de l’atelier consacré à la modernisation des procédés de transformation dans la filière manioc, organisé ce lundi 07 septembre 2026 par le Secrétariat Exécutif du Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP), dans le cadre de l’animation de la Plateforme Locale de Dialogue Public-Privé (PLDPP) de Bouaké.
Selon le Conseiller
Technique Souleymane Sangaré, représentant le Secrétaire Exécutif du CCESP,
Madame Mariam Fadiga Fofana, « cette initiative illustre, sur le
terrain, la volonté du CCESP de faire du Dialogue Public-Privé un véritable
levier de transformation économique des territoires ».
Réunis au Pôle Régional
de Formation et de Développement des Entreprises de la Chambre de Commerce et
d’Industrie (CCI-CI) de Bouaké, les associations d’agro-transformatrices de
manioc, les organisations professionnelles agricoles, les acteurs de la petite
agro-transformation et les représentants des structures déconcentrées de l’Administration
publique ont abordé une question décisive : comment moderniser la
transformation du manioc pour que les produits locaux répondent mieux aux
exigences des marchés ?
Le thème retenu en
résume toute l’ambition : « Modernisation des procédés de transformation
dans la filière manioc : normes de labellisation pour une meilleure
compétitivité sur les marchés locaux ».
Un secteur stratégique,
des défis à relever
Pilier de la sécurité
alimentaire et source de revenus pour de nombreuses femmes, le manioc est
transformé principalement en attiéké. Le savoir-faire a considérablement évolué
: d’un artisanat manuel long et exigeant – épluchage, râpage, fermentation, pressage,
tamisage, séchage, cuisson – la filière s’oriente peu à peu vers une
semi-industrialisation, gage de meilleure hygiène et de meilleur rendement.
Le chemin reste
toutefois difficile pour les agro-transformatrices. Malgré les efforts engagés
par le ministère de tutelle pour faire évoluer les pratiques grâce à des
équipements adaptés, la faible professionnalisation, le poids du secteur
informel et la méconnaissance des procédures freinent l’adoption d’outils
modernes. Résultat : la compétitivité des unités et leur accès au financement
s’en trouvent limités.
Produire mieux, pour
conquérir durablement les marchés
Au cœur des échanges : passer d’une transformation artisanale à une production plus compétitive. Amélioration de la qualité organoleptique, nutritionnelle et sanitaire des produits, allongement de leur durée de conservation, accroissement des revenus, notamment en milieu rural, valorisation des sous-produits, respect des exigences réglementaires et de la traçabilité, adaptation aux nouvelles tendances de consommation : les enjeux abordés dessinent une même ligne directrice. Il ne s’agit plus seulement de produire davantage, mais de produire mieux, avec des procédés performants et des produits capables de s’imposer durablement.
Pour nourrir la réflexion, le CCESP s’est appuyé sur l’expertise de deux structures spécialisées : la Société Ivoirienne de Technologie Tropicale (I2T) et le Centre de Démonstration et de Promotion de Technologie (CDT). Leurs experts, M. Coulibaly Papa pour l’I2T et M. Assoumou Marius pour le CDT, ont conjointement animé les travaux. Cette mobilisation donne à la démarche une dimension résolument opérationnelle : identifier les difficultés, en comprendre les causes et faire émerger des réponses adaptées aux réalités des acteurs de terrain.
Des recommandations ancrées dans la réalité du terrain
À l’issue des travaux,
les participants ont formulé des recommandations concrètes :
• la décentralisation des services du CDT et
de l’I2T dans les régions, afin de rapprocher l’expertise technologique des
acteurs locaux ;
• la recherche de solutions face au coût
élevé de la chaîne complète de transformation, assortie d’un plaidoyer pour
la réduction de la TVA applicable aux équipements de transformation du manioc
et des spéculations annexes ;
• l’amélioration des conditions d’installation
des unités de transformation et la réduction des coûts de transport des
équipements ;
• le renforcement du respect des normes et de la
qualité des produits ;
• la programmation de visites régulières sur
les sites de production des agro-transformatrices, ainsi que le
renforcement de la formation et de l’accompagnement des acteurs.
Autant de propositions qui traduisent une
volonté claire : faire franchir à la filière manioc une nouvelle étape de
professionnalisation et de performance.
À Bouaké, le Dialogue Public-Privé prend une dimension concrète
À travers cet atelier,
le CCESP démontre une nouvelle fois que sa mission ne se limite pas à réunir
les acteurs autour d’une table. L’animation du Comité Local de Concertation
Etat-Secteur Privé (CLCESP) de Bouaké permet de faire remonter les
préoccupations du secteur privé local, de les confronter à l’expertise
technique et aux possibilités d’intervention des acteurs publics, puis de faire
émerger des pistes de solutions concertées. Cette dynamique bénéficie du
financement du Programme d'appui à l'amélioration du climat des affaires en
Côte d’Ivoire (PACA-CI) et de l’appui technique du CDT et de l’I2T.
Pour la filière manioc,
l’enjeu est désormais de transformer ces recommandations en actions. Pour
Bouaké, c’est aussi la preuve du potentiel des filières locales lorsqu’elles
bénéficient d’un accompagnement adapté.
Avec le CCESP, le Dialogue Public-Privé quitte
le terrain des intentions pour s’inscrire durablement dans celui des solutions,
de la modernisation et de la création de valeur.